BOOK RITA JACOB
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![]() Lepremier "plan" réalisé par Rita , alors qu'elle allait à l'école maternelle : "une école hibou"...
les enfants devaient dessiner leur future école comme ils se l'imaginaient, la maitresse s'appelait
Christiane Boch je crois; l'entrée se fait par les pattes , on arrive dans le hall d'acceuil , de part et d'autre
il y a les salles de classe et au fond les parties communes...
contact : rita.jacob@orblock.fr
DNA 8-4-06 Les temps changent...avec le pétrole cher
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début = 7-1-08
Après 4 semaines éprouvantes de " charettes" ...
Quelques images de la présentation du projet de fin d'études et de la remise des diplomes le 30/9/05
Le projet concerne le village de Lorentzen en Alsace Bossue qui devrait prochainement recevoir une
bretelle d'accès à l'autoroute A4 , ce qui rapprocherait le village de l'aglomèration Strasbourgeoise .
Le projet à reçu la mention très-bien (17/20) du jury , et nominé au concours de la région,
pour les projets de diplomes qui portent une attention particulière à l'environnement (HQE=
HAUTE QUALITE ENVIRONNEMENTALE)
Un projet pour un village (LORENTZEN), revisiter le mythe arcadien .
L'urbanisation et l'aménagement de territoire rural ont perdu
aujourd'hui leur aptitude à s'approprier les lieux , leur paysage
et leur histoire. Les solutions standards de la viabilisation
moderne viennent jouxter les vestiges rassurants de la paysannerie
Sous les effets conjugués des diffférentes logiques dominantes
(les infrastructures , les zones compmerciales , industrielles
et résidentielles annexes aux villes ) la campagne subit
des successions de dénaturations , notament de valeurs ,
qui vont jusqu'à ne plus savoir ce qui fait l'intérèt d'y vivre
d'y habiter . La banalisation des sites par le mitage
et les lotissements entraine en plus un appauvrissement des relations
socales , qui ne se jouent plus sur le lieu de vie , mais sont délocalisées.
Or ces extensions toujours plus lointaines ne spatialisent en rien
ce que pourrait offrir un village aujourd'hui :
- le rapport à un environnement physique différend de celui
que l'on peut trouver en ville .
- le rapport différent de l'individu à la société locale , caractère
d'inter-connaissance , on se connait mieux entre voisins .
- le rapport de la localité , cest à dire un intérèt de la plupart
des habitants pour la localité dans laquelle ils habitent ,
la gestion collective de l'espace .
De ce constat général , mis en rapport avec la situation actuelle
du village de Lorentzen je propose la problématique suivante :
La planification à court terme , les réponses au coup par coup ,
la ségrégation spatiale , contribuent en grande partie à la perte
de qualité de l'espace rural , à la dilution des rapports sociaux.
En ce sens j'entends étudier de quelle manière une planification
à long terme pourrait apporter une alternative à l'extension
par lotissement , à partir des hypothèses de travail suivantes :
> de faire émerger du village les qualités qui lui sont propres .
En utilisant les traces de mémoires inscrites sur le site de
manière superficielle ou plus profonde , matérialisées par le
parcellaire , les alignements d'arbres , bosquets, chemins,
ruisseaux et autres que je souhaite réinscrire le projet dans une
histoire , redonner un caractère particulier à ses espaces et
aux batiments qui viendront les créer .
> ne plus voir la maison individuelle comme une intouchable
solitaire , mais bien de la respecter comme élément participant
à la qualité et à la logique d'un ensemble.
> voir le village et son extension comme un tout pouvant profiter
et fabriquer à la fois sa propre unité , en recréant un univers
intérieur commun , lieu de promenade et de rencontre ,
lien physique et visuel du paysage du village . Associer à cet
univers les projets émergents et les liens associatifs de la
commune qui le rendront attractifs et interactifs .
![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() FELICITATIONS !!!!
Antoine Marguet tous "architecte INSA" à présent
![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() à suivre
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D é p a r t e m e n t d ' A r c h i t e c t u r e
A n n e x e s
C o n t e x t e s e t a r c h i t e c t u r e : T a d a o AN D Ô
K E N C H I K U K U K A N
Q u e s t i o n s de l i m i t e s dans l 'h a b i t a t individuel
Directeur de recherche :
Christian DEHAYNIN
Etudiante :
Rita JACOB
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Remerciements
Je remercie Monsieur Christian Dehaynin, pour le suivi et l'éclairage qu'il m'a apporté.
Je remercie aussi le Professeur Pierre Pellegrino, pour ses conseils.
Il faut également remercier, Monsieur Pierre Donadieu, qui sans le savoir nous a aussi aider.
Je remercie encore Monsieur Gaétan Desmarais qui a été une réelle écoute et d'une aide précieuse tout
au long de l'année.
Enfin je remercie, Antoine, Michel, Sylvain et surtout Antoine, pour toutes ces discussions que nous
avons pu avoir, autours des thèmes variés qu'ont amené ces mémoires.
3
Sommaire
I. Introduction
.
.
.
p4.
a) Milieu urbain
....
p8.
- Problématiques et enjeux urbains nippons
.
...
...
p8.
- L'enfermement face au désordre urbain
.
.......
p9.
- Les habitations de types ouvertes
.
...
p10.
- Les habitations mixant les deux types, élargissement du champs de pensée
.
........
p11.
b) Milieu rural
..
.......p14.
- La perception nippone de la nature
..
...
...p14.
- Espaces neutres
..
...
.
..
..
p15.
- Interpénétration nature/bâtit
.
..
.
.
....
..
...
...
p16.
- La recherche du Genius loci, ouvertures et orientations
.
.
...
..........
p17.
- Epaisseurs entre extérieur et intérieur
..
..
...
.
..
p19.
- Symétrie, rythme et écart
..
.
.
.
.
p20.
- Fragmentation et discontinuité de l'espace
...
..
..
..
.
p22.
- Imbrication et juxtaposition, réponse à l'articulation.
..
.
.
...
p24.
- Les parcours labyrinthiques, le mythe d'Oku
...
. .
..
p25.
IV. Rapport à soi
............................................................................................
p27.
- Concept de ma et de en, ma comme lieu de pleine communication, en comme aménagement de
coexistence de contraires.
...
..
.
...
.
.....
p27.
- Shintaï et espace, relation et compréhension du corps et de l'esprit à ce qui l'entour.
.........
p29.
- Les temps, comme élément révélateur de présence.
.
.
...
.
.
....p30.
- L'espace recomposé par la lumière
.
.
.
.
.
...
p30.
- Les espaces « extra ordinaires », volonté de sublimation et de purification, lien au cosmos.
....p31.
V. Conclusion
.......................................................................................
.
p33.
4
« Une maison n'est pas une maison parce qu'elle dit qu'elle est une maison, mais parce qu'elle
est une scène où s'ouvre le jeu de l'ètre » Bruno Queysanne.
L'espace du quotidien, nous le connaissons tous, nous le vivions chaque jour et chaque nuit. Connaître
sa maison, ou une maison en général, est un fait presque inné, dans un certain cadre culturel. Mais
comment concevoir pour l'autre, l'espace qui va lui être nécessaire, sur quoi se baser, de quoi peut être
faite l'architecture du quotidien ? Comment se raccorder à ce qui l'entour, permettre des liens entre les
hommes, et faire naître chaque jours des émotions ? Il est important, avant de pouvoir être investit
d'une telle mission, de bien comprendre, les mécanismes de formation de l'espace, de comprendre
aussi ses propres mécanismes de conception. Nous devons nous forger des opinions et des convictions
assez fortes, de manière à pouvoir les communiquer et les faire comprendre aux autres.
« L'architecture possède sa propre logique et apporte un certain ordre à la vie des gens qui y
sont impliqués : pour moi, chaque partie d'un ensemble d'architecture resplendit de vie »
T. Andô in texte mon architecture moderne : du moi à l'universel
Andô part ainsi du précepte que la vie des habitants est subordonnée à l'architecture, qui en retour lui
est toute dévouée, par le seul but de la faire resplendir. L'architecture et l'habitant peuvent être liés de
cette manière, mais quel est ce lien, comment le trouver et le comprendre, quand on est immergé dans
une culture,et que les pistes sont brouillées par les habitudes, les a priori et les préconçus.
Ce mémoire se propose, non pas de retrouver ses liens, mais de permettre, plus tard d'en retrouver la
trace. Par l'étude de l'habitat, dans une société pour laquelle nous n'avons pas ces automatismes et ces
associations d'idées toutes établies, on ira à la recherche de l'essentiel. L'étude d'un autre que `soi `,
permet donc, non pas par goût d'exotisme ou d'inconnu, mais pour en savoir plus sur nous même, de
se comprendre mieux. Il ne s'agira ici pas tant de se forger une connaissance de l'autre, que de savoir
comment on en est arriver à le connaître (pour pouvoir se l'appliquer à `soi', ou à d'autres), et ainsi
définir ou retrouver les caractères essentiels, perdus dans les préconçus.
5
Il y a chez Andô cette « farouche résistance aux perversions de son époque, cette volonté de
sauvegarder la raison essentiel de l'architecture »
H. Ciriani in AA, volonté d'architecture et architecture de volonté, pp36
Face à tout ce qu'il nous est proposé, alors que nous nous trouvons dans une ère du `prêt à consommé',
l'instant d'une pause, d'un moment de réflexion, voyons des choses simples qui peuvent (encore) être
à l'origine de sentiments, d'émotions, avant de nous plonger dans ce siècle tout autre.
Ce mémoire a donc pour but de se pencher sur ces `raisons essentielles de l'architecture', que sont les
lieux, l'espace et le temps.
Nous étudierons pour cela, les maisons de cet architecte japonais, autodidacte et emblématique, qu'est
Tadao Andô, qui réagit un peu à la manière de cas d'école face à des problèmes contextuels poussés.
Il ne s'agit pas là d'un mémoire sur `l'habité' au Japon, mais plus d'un questionnement sur la manière
de concevoir, de Tadao Andô, face à un programme fixe en l'occurrence l'habitat individuel. Il sera
ainsi possible de mettre à jour certains mécanismes d'investissement de sens d'un lieu. Pour cela il
faudra d'une part comprendre un ensemble de signes et de concepts qui prennent du sens au Japon, et
d'autre part, comprendre de quelle manière Andô les utilisent à son tour, dans l'écriture qu'est la
sienne, capable d'interpeller plus que ses seuls compatriotes.
Mon interrogation préliminaire concernait donc essentiellement le fonctionnement des mécanismes
d'investissement de sens d'un lieu, c'est-à-dire : comment ce lieu est fait et comment il est perçut.
Pour le premier cas il s'agit de voir quelles sont les bases de la conception, les différents registres,
références, imaginaires, culture. De quelle manière ces différents aspects sont réinterprétés et mis en
forme en architecture. Et également la manière dont ils sont mis en uvre concrètement.
La seconde question implique une réelle expérimentation de l'espace, afin de vivre les appels
sensoriels, les variations les plus fines. Mais dans ce cas précis elle nécessiterait presque de pouvoir
ressentir les choses de manière nippone, ce qui n'est pas mon cas, et je n'ai malheureusement pas pu
m'y rendre pour expérimenter physiquement les espaces construits par Andô.
6
Nous nous en tiendrons donc à la première partie. Par l'analyse quelque peu abstraite des plans et
toutes autres informations nécessaires recueillies, permettant d'éclairer notre vision occidentale sur un
sujet éminemment culturel, nous parviendrons sans doute à lever une part du mystère.
L'espace architectural de Tadao Andô se décompose en plusieurs niveaux de rapports entre extérieur,
intérieur et habitants. Des relations complexes entre ces différents niveaux sont générées par la mise
en place d'éléments séparateurs, qui prennent des formes variées. Ainsi on relève trois types de
niveaux. Le premier reliant l'homme à son environnement, rapport du public au privé. Ensuite dans
l'espace bâtit, les rapports entre les habitants et les différentes pièces sont régulés par des systèmes de
distributions. Enfin pour que l'habitant puisse se ressourcer et se retrouver, apparaît une séparation
entre les espaces quotidiens et "extra-ordinaires ". Ces trois rapport du bâti à ce qui l'entour et les
remplis, viendront structurer l'analyse que nous allons faire de la conception d'Andô. Ils permettront
de dégager les trois parties de l'étude : les différents contenants, visant à expliciter les différentes
attitudes prises face à un contexte donné ; les contenus, qui donnera à comprendre l'organisation
interne des maisons et sur quels registres elles se basent ; et enfin la partie sur le rapport à soi, qui
tentera de donner les éléments utiles à la compréhension de ces espaces particulier qui deviennent des
lieux si ce n'est de recueillement, sinon de questionnement et d'attention au `soi'.
Dans ces différents cas de figures Andô se sert de dispositifs spatiaux bien spécifiques. Il travail sur
des principes d'espaces à différentes limites et cette étude visera à leur analyse. On se demandera plus
particulièrement, qu'est-ce qui, dans le contexte, influe sur les dispositifs d'enveloppe mis en uvre.
On cherchera à découvrir dans quelle mesure Andô se rattachent à des concepts traditionnels et de
quelle manière il s'en détache et use de concepts architecturaux pour appuyer sa conception. A travers
la question de la limite, nous chercherons à voir quelles sont les influences réciproques générées entre
le lieu, le contexte sociologique et culturel et l'architecture. Il sera alors possible d'entrevoir l'espace
de conception (Kenchiku kukan) d'Andô.
7
« La limite n'est pas ce où quelque chose cesse, mais bien comme les Grecs l'avaient observé,
ce à partir de quoi quelque chose commence à Etre (sein Wesen beginnt) » Heidegger in Essais
et conférence, Gallimard 1958 p170
8
Cette partie vise à la compréhension de l'enveloppe générale des maisons d'Andô.
Il s'agit dans un premier temps de comprendre quelle en est l'utilité et de quelles manières elle se
justifie par rapport au contexte et culturellement. Ensuite nous verrons comment elles sont mises en
uvre dans des cas particuliers. Pour mieux comprendre les différentes données de contextes ces
explications sont données selon deux thèmes principaux, le milieu urbain et le milieu rural, ce qui
permettra aussi de bien cerner les limites de ce que peut apporter l'environnement au bâtit.
a) En milieu urbain
Suite à une introduction générale sur les problématiques et enjeux urbains nippons, nous verrons
différents types de solutions apportées par Andô :
- L'enfermement face au désordre urbain, réponse historique à la sur densification,
- Les habitations de types ouvertes, avec la volonté de rendre des espaces privés semi-publics.
- Les habitations mixant les deux types, élargissement du champs de pensée
- Problématiques et enjeux urbains nippons
Le Japon a connu une urbanisation très stable, fréquemment renouvelée (pour le bâtit tous les
50 ans environs) pour causes naturelles, matérielles ou climatiques, jusqu'à la fin de la
période Meiji. Les formes étaient très stables réparties en quelques styles architecturaux,
fonction de la classe ou du niveau social.1 Mais suite à la seconde guerre mondiale, en
quelques années à peine le paysage urbain c'est totalement transformé et de villes plates,
faîtes de maisons aux interrelations subtiles, placées dans des quartiers très structurés par la
trames des Chô (îlot), sont apparut des cités dortoirs, aux échelles inhumaines, ne prenant plus
en compte les liens sociaux permis avant.
Face à toutes ces modifications le cadre visuel a été totalement bouleversé. Pourtant on peut penser
que les modes de représentation de l'habitat, n'ont eux pas évolué. En effet de nombreux facteurs
laissent croire que la manière dont les Japonais perçoivent l'espace les environnant leur permet d'en
absoudre ce qui n'est pas signifiant pour eux. C'est de par la continuité des rites et des gestes, par
l'investissement spatial des usages qu'ils continuent à s'approprier les lieux.2
Dans cette optique le travail d'Andô est très important, d'une part sur la mise en garde et la prise de
conscience de la dérive actuelle, et d'autre part dans ces constructions, où les espaces nécessaires à la
1 Voir Annexes 12, 13et 14
9
mise en place des habitudes et des rites ancestraux sont mis à dispositions, peut-être pas sous la même
forme mais dans l'esprit adéquat. Ce dernier point étant primordial, car une fois que les
représentations ne pourront plus se spatialiser c'est toute une partie de la culture qui disparaîtra. En ce
sens Andô propose des interprétations et des solutions culturellement adaptées.
Dans ses projets il recherche une nouvelle dialogie avec le contexte, en rapport aux constructions
d'après guerre. Face aux dérives actuelles il met en garde et propose des solutions adaptées à un
environnement de plus en plus stérile.
Ses premières constructions en sont des exemples frappants. Pour comprendre l'intérêt de sa démarche
nous verrons ici le cas de la maison Azuma.
- L'enfermement face au désordre urbain
2 Voir A. Berque, Vivre l'espace au Japon
Cette maison très étroite (4m de large), respecte l'alignement sur rue et ceux des différents faîtages. La
façade sur rue est totalement opaque, le bâtiment est parallélépipédique enveloppé d'un voile béton. Il
donne l'impression d'être impénétrable. Seul un dispositif d'entrée en chicane, accompagné d'un
seuil d'accueil surélevé, s'avance sur la rue.
Face à un contexte discontinu de maisons en bandes, plus ou moins traditionnelles, Andô a pris pour
partit de refermer la totalité des pièces et espaces intérieurs, par rapport à la rue. Il fait ici une première
démonstration du mur comme délimitation territoriale.
« Le mur d'enceinte n'est pas simplement un mur défensif mais aussi un mur agressif
exprimant la détermination de l'habitant à vivre dans la ville ; il constitue en même temps un
lieu de vie privée organisé à l'intérieur. » in Vocabulaire de l'architecte, 1986
Ce bâtiment ne cherche pas à disparaître, au contraire il cherche à affirmer de nouvelles les lignes
directrices à la rue. La relation au contexte est donc double :
Prendre en compte les données, mais venir guider, ou plutôt venir trouver ses propres lignes directrices
face à un contexte qui n'en impose pas. Et d'autre part, s'affirmer, se poser en rupture face à un
Maison Azuma
Lieu : Sumiyoshi, préf. d'Osaka
Site : 57 m²
Emprise au sol : 33,7m²
Plancher total : 64,7m²
Figure 1, voir annexe 1
![]() 10
contexte désarmant, la façade aveugle pourrait être imperceptible pour un passant habitué au fracas
des bâtiments environnant, mais elle vient marquer une pose, un calme.
A l'intérieur du volume, toutes les pièces donnent sur une cour centrale, autre type de relation à
l'extérieur. Sans vue ni éléments se référant au milieu environnant, cet espace est décontextualisé et
rendu abstrait. Seul la présence des éléments naturels le raccroche, non pas à l'environnement proche,
mais au cosmos. On trouve ici une relation forte au ciel, seul élément immuable en perpétuel
changement.
On relèvera donc deux premiers thèmes chers à Andô, le mur comme délimitation territoriale et la
nature rendue abstraite.
La typologie de cet habitat se rapproche fortement des Minka. La maison Azuma entre dans la
catégorie des maisons traditionnelles en bande de type Machiya, aux quelles elle est confronté dans
son cotexte.3
Par rapport à ce model de base, l'esprit de relation (ou de non relation) au contexte est assez
respectueusement conservée. On retrouve l'alignement sur rue, par contre, il n'y conserve pas la
possibilité de dilater l'espace intérieur vers la rue.
Le microcosme est donc créé par l'isolement du milieu et le lien au cosmos. 4
En fait Andô ne retient du passé que certaines valeurs spatiales en les dépouillant de leur ancienne
mise en forme. C'est ainsi qu'il parvient à conserver l'esprit tout en modifiant la forme.
- Les habitations de types ouvertes, rejoignant le style Sukiya
L'évolution que l'on retrouve dans la maison Onishi, rejoint le thème de dilatation et de variation de
l'espace publique et privé.
3 Voir Annexe 12 et 13 sur les minka et machiya.
4 Voir page 12
La structure poteaux-poutres utilisée dans ce cas permet de larges ouvertures sur l'extérieur, chaque
pièce bénéficie d'une baie. Mais ici les limites de l'habitat ne suivent pas les contours des pièces, elles
Maison Onishi
Lieu : Tezukayama, banlieue sud
d'Osaka, 1979
Site : 165 m²
Emprise au sol : 57m²
Plancher total : 144m²
Figure 2, voir annexe 2
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ont été rejetées plus loin, au niveau parcellaire. Tout l'aménagement extérieur contribue à la
définition des espaces intérieurs. A la manière dicté par les Modernes se sont les espaces intérieurs
qui génèrent les espaces extérieurs, contribuant eux même à la qualité du tout.
Le premier dispositif de liaison, permettant de passer de la rue à l'entrée est constitué par une venelle.
Du niveau de la rue, elle s'élève au niveau d'entrée et rejoint ensuite le niveau bas à l'arrière. Ce petit
chemin s'intègre dans un réseau piéton, acceptant et prenant part au lien social.
Autre artifice utilisé, le jardin à l'avant, en pente à 45°, qui s'appuie et recouvre un garage, apporte au
niveau inférieur la lumière nécessaire et vient guider le regard vers le ciel. Ainsi la salle des tatamis
et la chambre principale conservent une relation toute particulière au dehors.
Bien que les façades soient vitrées, rien de l'intérieur de la maison n'est visible depuis la rue, c'est
justement par les changements de niveaux (entre la rue et l'entrée principale) que l'intimité des
habitants est préservée.
Enfin, pour permettre aux pièces adjacentes à la venelle, de conserver leur caractère privé, la mise en
place de terrasses offre une épaisseur, espace tampon entre publique et privé .
Dans ce bâtiment Andô ne fait pas directement référence à un style traditionnel particulier, au
contraire il pourrait s'agir d'une demeure occidentale, pourtant c'est dans la qualité et l'épaisseur des
espaces intermédiaires (entre intérieur et extérieur) traités de tous côtés des limites, que cette maison
vient prendre du sens dans l'espace japonais. En effet, les différents dispositifs mis en place
participent à la qualité du microcosme, à la manière de l'engawa et des jardins japonais. Ils viennent
placer l'espace publique à distance tout en permettant des vues, des liens, disponibles à l'initiative de
l'utilisateur.
- Les habitations mixant les deux types, élargissement du champs de pensée
La maison I est un exemple encore différent de rapport au contexte. Ici l'ouvert et le fermé, le vide et
le plein, sont utilisés dans des relations d'enchaînements subtiles qui permettent de nouveaux liens, un
autre rapport au contexte.
Maison I
Lieu : Asiya, Hyogo
1985-88
Site : 750 m²
Emprise au sol : 280 m²
12
Cette maison en L est composée de deux corps de bâtiments perpendiculaires opposés. Le premier en
relation direct à la rue est un parallélépipède en voiles béton très fermé. L'autre est également une
boite mais cette fois en structure poteaux-poutres métalliques, vitrée sur la majorité de sa surface. Les
deux sont articulées par une partie de cylindre, venant à la fois ouvrir l'espace sur l'extérieur et
protéger l'intérieur de certaines vues. La composition de l'ensemble offre une large cour intérieure
prise entre le bâtit et le mur de clôture.
A la différence des exemples précédents, le volume ouvert ne dispose plus de filtres ou d'interfaces
venant protéger la relation intérieur/extérieur. Les parties intérieures vitrées sont en relation directe
avec la nature environnante. Mais il est important de noter que cette relation n'est pas laissée au
hasard, des arbres placés en bordure de parcelle, viennent tout de même créer une certaine limite.
Grâce à ces différents exemples nous avons pu voir différents modes de liaisons du bâtit à son
environnement. L'enferment, les espace de transitions et les ouverture au contextes, sont autant de
réponses dictées par, d'une part le respect d'un esprit japonais, et d'autre part la volonté double de
s'intégrer au contexte tout en lui redonnant un sens.
Pourtant l'ensemble de ces constructions convergent vers un certain refus de permettre des vues de
l'enceinte de la maison vers l'environnement extérieur direct. La confrontation des schémas tirés du
livre Du geste à la cité de A. Berque sur l'habitat traditionnel, et ceux proposés par Y. Nussaume
dans T. Andô, La question du milieu, nous amène à une réflexion plus poussée sur la manière de traiter
ce rapport à l'environnement.
Berque nous fait part dans son livre d'un schéma intitulé : « structure de l'emprunt de paysage »
reflétant « l'extase vers la nature ». L'espace s'y trouve découpé en trois parties, micro-, méso-, et
macro-cosme. Tirée du goût du taoïsme la maison se trouve en relation directe au macrocosme, usant
d'un artifice naturel pour occulter le mésocosme.
Figure 4
![]() 13
On peut supposer que Nussaume a étudié cet ouvrage5, et certains de ses schémas, étudiant les
bâtiments d'Andô, y font fortement penser. Pourtant la relation au macrocosme n'y est jamais évoquée.
Il s'arrête toujours au microcosme, en relevant la nature que comme « arrière plan ». En relevant cette
différence on peut émettre plusieurs hypothèses. On notera surtout celle qui tiendrait Nussaume
totalement conscient de ces actes, ne relevant chez Andô que des relations reliant directement le
microcosme au cosmos, à la recherche d'une certaine universalité et sans doute conscient de son peu
de pouvoir sur son environnement. On supposera donc qu'Andô est en constante recherche d'une
relation immédiate entre le microcosme et le cosmos, tout en travaillant cette relation avec son
environnement proche.
Il s'agira donc de voir dans la partie qui suit de quelle manière cette proposition agit dans le cas de
maisons en milieu rural.
5 Y. Nussaume a passé sa thèse de doctorat à l'EHESS, sous la direction de A. Berque, sur le japon. Il a donc
sans doute possible étudié ses ouvrages.
Figure 5
![]() Figure 6
![]() 14
b) En milieu rural
La définition du milieu rural n'est pas très claire, renvoyant au terme de campagne, lui-même défini
par son opposé, la ville. On admettra que cette opposition donnera pour particularité première au
monde rural sa proximité et sa relation directe à la nature. Mais la perception nippone de la nature
étant culturellement extrêmement différente de celle que nous pouvons avoir, il est nécessaire d'en
expliquer les principes dans un premier temps mais aussi de voir ce sur quoi s'appui Andô afin de
pouvoir apprécier plus justement les dispositifs employés :
- Espace neutre et enfermement
- Interpénétration nature, bâtit
- La recherche du Genius loci, ouvertures et orientations
- Le contexte périurbain et rural japonais
La proposition de départ qui pose une distinction entre la maison et son environnement naturel est à la
base une vision occidentale des choses. Dans la culture japonaise « Maison » ne signifiait pas un
objet sur un site, mais plutôt un « domaine habité », plus que la « structure habité ».
A l'inverse de l'objectif occidental de conquérir et de domestiquer la nature, l'architecture
traditionnelle japonaise cherche à assimiler le bâtiment et ses occupants à l'environnement et ses
changements. La notion de bâtir et d'habiter est étroitement dépendante de la relation que l'on
entretient avec le monde environnant et de la perception que l'on en a.
Mais la forte augmentation de la population est à l'origine de nombreux changements. En effet, de
1955 à 1975 la population de la zone Tokyo-Osaka-Nagoya est passée de 30 à 50 millions d'habitants.
Autour et entre ces villes se sont développées des banlieux infinies qui imposèrent une continuité entre
parties bâties et environnement naturel. La plupart des maisons d'Andô se sont construites dans ce
contexte périurbain, son approche et son respect de la nature alentour y trouvent peut-être leurs
justifications.
Voyons à présent de quelle manière cette relation à un environnement naturel interfère dans
l'architecture d'Andô.
15
- Espace neutre et enfermement
A la manière de la maison Azuma l'espace privé est clairement délimité de la rue par un mur
enveloppe, venant quasiment retracer les limites du terrain. Mais ici le rapport au contexte diffère, le
mur est percé d'une large baie qui donne sur le bois avoisinante. Mais derrière cette ouverture, pas de
pièce, seul l'espace vide d'une cour en contre bas apparaît. Les pièces sont rejetées sur un tiers de
l'espace délimité, le reste étant voué à crée un espace neutre, refermant la vue sur ce qui est
« dérangent » et la guidant vers le végétal alentours.
Cette manière de faire visant à placer les espaces habités en recule tout en permettant des vues se
trouvait déjà dans maison Onishi de dix ans son aînée. On ressent là, la recherche d'un autre équilibre
entre l'alliance des pleins et des vides, du montré et du dissimulé. Mais il faut aussi admettre qu'Andô
ne prend pas uniquement la nature pour les arbres, elle englobe également, « le son de la pluie, la
lumière, l'angle même par lequel elle pénètre, y compris l'obscurité ». Ainsi l'emplacement de
chaque pièce tient compte d'une multitude de facteurs naturels (mais aussi de composition comme on
le verra plus tard) propre au lieu.
On remarquera en outre que sa façon de traiter l'architecture en milieu urbain ou rural ne diffère pas, il
dit lui-même :
« Pour moi il n'y a aucun problème. Que je crée en ville, ou en dehors, ça ne change pas
beaucoup. Cette résistance au chaos dont je vous parlais peu très bien avoir lieu dans un milieu
urbain ou en dehors, au cur de la nature. Il y a simplement la manière de réagir, de quelle
façon on peut résister face à la ville actuelle. » in Ombre portée, p11, dialogue avec Tadao Andô
Mais on remarquera tout de même que même si Andô n'admet pas de différence entre milieu urbain et
rural dans sa conception, celle-ci existe sous plusieurs formes, dont la taille de la parcelle, les moyens
financier et le cadre contextuel qui influencent forcément certains choix.
Maison Ogura
Lieu : Nagoya 1983-87
Site : 215 m²
Emprise au sol : 107m²
Plancher total : 190m²
Figure 7, voir annexe 4
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- Interpénétration nature/bâtit
Si communément on entendra la nature comme l'ensemble des éléments qui composent l'univers, une
vision plus scientifique et philosophique admettra qu'il s'agit d'un ordre établis dans l'univers ou un
système de lois qui président à l'existence des choses et à la succession des êtres.
Andô recherche dans ses projets une Nature comme métaphore de la raison humaine, une Nature
rendue abstraite par l'architecture. Dans se sens il entend la préservation d'un tension dans le rapport
homme/nature, sans fragmentation, et surtout sans sentiment de domination, de l'homme sur la nature.
Et dans le terme de nature, un nature, non pas sauvage, mais façonnée par l'homme.6
L'une de ses problématiques est de « retrouver une connexion intime avec le monde naturel » in texte
d'une architecture fermée sur elle-même à l'univers de Tadao Andô.
Il cherche donc à intégrer sa vision de la nature abstraite dans ses projets. Pour cela il accentue les
différences et les oppositions, notamment entre architecture et nature, la nature étant en mouvement,
l'architecture se doit, pour lui, d'être immobile. Mais c'est par le mouvement de celle-ci et de celui des
Hommes que l'habitation trouve son rythme, son propre mouvement.
6 On trouvera de plus amples informations à ce sujet dans ses correspondances avec P. Eisenman, datant de 1989
Dans l'exemple de la maison Iwasa, la structure primaire du bâtit est un bloc parallélépipédique,
orienté est-ouest, s'intégrant plus ou moins au terrain en fonction de la pente de celui-ci. Seul, il reste
un élément rapporté, certes ancré dans son site, statique, mais sans relation à priori. Mais à cette forme
primaire il est venu ajouter deux demis cercles de diamètre différents, posés au centre de part et
d'autre de la construction. Grâce à ce système il génère de nouvelles directions et interpénétrations,
qui lui permettent un dialogue nouveau avec le site.
La mise en place, de dispositifs dissymétriques, de démultiplication des plans et autres systèmes lui
permettent une meilleur interpénétration entre le bâtit et la nature.
Maison Iwasa
Lieu : Ashiya 1982-90
Site : 821 m²
Emprise au sol : 188m²
Plancher total : 280m²
Figure 8, voir annexe 5
![]() 17
- La recherche du Genius loci, ouvertures et orientations
En dehors de cette relation très conceptualisée au site, Andô cherche également une relation
plus `spirituelle' avec celui-ci, notamment à travers le Genius loci. Le Genius loci est une
ancienne croyance romaine qui supposait que la survie des habitants en un certain lieu,
dépendait d'un bon rapport avec le lieu et le dieu (le génie). « Pactiser » avec le Genius était
alors vital. Il s'agissait en faite d'une sorte de levée d'interdit pour acquérir le droit d'habiter,
donnant force et légitimité. Ce concept est extrêmement important pour Andô, sa relation (ou
celle de son architecture) au sol, à la terre, est toute particulière. Il le décrit plutôt comme une
sorte de flux énergisant, inhérent au lieu que l'architecture serait capable de libérer par la
bonne compréhension de celui-ci. « Je dirais que le Genius loci propre à l'architecture
japonaise consiste à s'ingénier à créer un grand univers spirituel dans un petit espace. » in
Tadao Andô et la question du milieu, p155
On retrouve cette pensée dans un grand nombre de ses constructions. Toutes cherchent à rester humble
par rapport au site sur lesquels elles prennent place. Mais au-delà, la volonté principale d'Andô est de
trouver ce que l'on peut extraire d'un site, il dit l'écouter et attendre ses instructions. C'est le cas pour
la maison Koshino où il a su tirer partie, tant des avantages, que des inconvénients imposés par sa
parcelle et son environnement.
Cette maison est placée dans un site montagneux, entourée d'une nature abondante, sur un terrain en
pente boisé, au bord d'une route. Les deux corps de bâtiments émergents entrent en dialogue l'un avec
la route (parallélépipède opaque en voile béton) par le dispositif d'entrée que nous étudierons plus loin
et l'autre (parallélépipède en structure poteaux-poutres) avec le bois de pins en fond de parcelle. Cette
façade orientée plein sud offre un jeu subtil d'interface entre le dedans et le dehors par la mise en
place de voiles, poteaux, dalles et murets sur différents plans.
Maison Koshino
Lieu : Ashiya, préf. de Hyogo
Site : 1141 m²
Emprise au sol : 224m²
Plancher total : 241m²
Figure 9, voir annexe 6
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L'espace créé entre ces deux boites donne lieu à une cour intérieure, reliée avec le reste de la parcelle.
Cet extérieur prend un statut tout à fait différent du reste des espaces du dehors, par sa position,
compris entre deux intérieurs il devient lui-même un intérieur, une pièce supplémentaire, totalement
privée.
La rotation effectuée par l'ensemble des bâtiments, posés en diagonale par rapport au terrain de forme
carré et aux lignes de niveaux, tend à donner les plus grandes longueurs de bâtit possible et permettait
de couper le minimum de pins.
La troisième partie, en hémi cylindre, presque totalement enterrée, trouve pour seule ouverture
verticale, une vitre placée près d'un mètre avant la fin des murs et dalles l'entourant. La relation à la
nature est ici immédiate, le bâtit se prolonge vers elle alors qu'elle y entre aussi plus profondément.
Dans l'ensemble de cette construction, comme on le trouve fréquemment au Japon, l'espace publique
est hermétiquement séparée de l'espace privé, mais une fois de plus le traitement y est différent.
L'accès au terrain n'est pas délimité par des murs, il est libre à la vue. Mais c'est en fait tout le
bâtiment qui vient s'ancrer dans le sol pour ne laisser voir que les corps émergents. Ainsi la maison
Koshino se trouve faite d'une savante alchimie entre le site, le respect de l'esprit de la tradition
nippone et leur interprétation contemporaine.
Les bâtiments d'Andô ont pour point commun la recherche d'une certaine unité. La vision d'un tout,
appuyée par une forme géométrique simple (prodigué par le mouvement moderne) est une sorte de
réponse au chaos environnant. Mais ce tout n'apparaît pas à priori, il est généré par les détails
intérieurs, qui priment dans la pensée japonaise.
« L'élément individuel est à la base de la création et la relation entre l'élément individuel et la
totalité est, dans la conception toujours exprimée de l'intérieur vers l'extérieur. » in
Vocabulaire de l'architecte, 1986.
L'enveloppe externe du bâtiment lui sert d'élément unificateur à la construction. De par son unique
matériau, le béton brut et sa ou ses formes simples composées, il est à la recherche d'un tout. Les
différents exemples que l'on a pu voir découlent d'une part de la réflexion des Moderne sur
l'architecture, mais également de sites bien particuliers ayant leurs propres spécificités à laquelle il
faut ajouter le respect d'un esprit de la tradition nippone. Maintenant que nous avons décrypté le
contenant, nous allons aborder la question d'une première partie du contenu. Pour en arriver là nous
Dalle mince
Poteau
Baie, porte vitrée
Mur
Murret
Figure 10, voir annexe 6
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emprunterons le chemin des dispositifs d'entrées, ou de séparation intérieure/extérieur afin de ressentir
l'épaisseur du contenant et l'importance du contenu.
Le dispositif d'entrée de la maison Koshino est un élément particulièrement représentatif de
l'épaississement de la limite, une nouvelle zone intermédiaire vient trouver sa place.
Depuis la rue une clôture basse, guide le visiteur vers une plate forme en demi cercle. Une poutrelle
métallique basse, qui suit son pourtour, réoriente la suite de la marche, elle se prolonge un peu le long
d'un chemin jusqu'à un escalier de quelques marches. Après celui-ci un nouveau guide vient prendre
le relais, il s'agit d'une fine plaque de béton qui surgit horizontalement du bâtiment, à peine surélevée
du sol, elle mène jusqu'à une porte métallique lourde, prise entre deux lames de verre. Une fois dans le
volume d'entrée, derrière la porte, la plaque joue le rôle de banc (pour se déchausser). C'est le premier
témoin de la différence entre limites des éléments architecturaux et limites fonctionnelles des espaces.
Ce dispositif pose une limite vague qui rejoint le thème de l'engawa 7 ancien, il n'impose pas de
confrontation brutale, mais procède d'un emboîtement de l'extérieur et de l'intérieur.
Après le banc, une porte vitrée, liant les deux
espaces, invite au passage. Suite à cela un escalier
mène au salon, au niveau inférieur, il s'agit d'un
grand volume en double hauteur, prolongé d'une
cuisine - salle à manger deux marches en contrebas.
Par l'arrière, un autre cheminement, à travers les pins,
est proposé. Un mur vient le guider, en même temps
qu'il sert de filtre à la façade, faite de poteaux de
formes oblongues. De loin on aperçoit l'intérieur, sans rien pouvoir discerner, de près, les poteaux
forment un mur opaque empêchant toute vue en direction des chambres. Ce mur à parement anodin
permet l'intimité des habitants, il permet en effet de tenir simultanément le proche et le lointain. Ce
chemin mène à la rue et impose le passage par le dispositif d'entrée.
Tout cet espace d'approche de l'intérieur, vise à prédisposer le visiteur ou l'habitant à y parvenir dans
le bon état d'esprit. Ce cheminement est une phase préparatoire, un conditionnement. On retrouve ce
type d'approche dans un grand nombre des constructions d'Andô, mais celle-ci présente le plus de
spécificités. D'autre cas, plus condensés utilisent les mêmes principes, l'ensemble étant voué à
préparer l'arrivée dans le sein même de l'habitation et d'autre part à préserver l'intimité de ses
occupants, tout en conservant un système fluide de transition du public au privé.
7 Plate forme autour de la maison, surplombée d'une avancée de toit. Son statut est ambigu, pas tout à |